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Le plus grand musée de france

L'Adoration des bergers - Favières-en-Brie - Paris

Favières – L’adoration des bergers

Bouton souscription closeEquipe Paris

 

 

 

 

La découverte inédite d’une peinture de Juan de Roelas

 

Aucune signature, aucune attribution… Et pourtant, tout semble indiquer que cette magnifique adoration des bergers est l’œuvre du peintre Juan de Roelas, l’un des artistes sévillans les plus illustres du début du XVIIème siècle. Les informations sur sa vie sont peu nombreuses : originaire de Flandre ou de Séville, il aurait été formé en Italie avant de revenir dans le sud de l’Espagne où il réalise sa carrière. Entrant dans les ordres et nommé chapelain royal en 1614, il se consacre à la peinture religieuse et réalise notamment de grands tableaux d’autel. Très apprécié par le pouvoir royal, il est un peintre majeur de grand talent, marquant le passage de la peinture romaniste du XVIème à la peinture naturaliste baroque du XVIIème. Le style particulier de l’artiste s’observe dans L’adoration des bergers comme dans ses autres œuvres, ce qui nous amène à penser que nous avons découvert un de ses tableaux oubliés.

 

Un tableau à l’histoire étonnante

 

Comment ce tableau de maitre espagnol est-il arrivé en Seine-et-Marne ? Ce tableau était la propriété du Maréchal Soult : considéré comme l’un des seuls maréchaux à être capable de diriger une armée loin de l’Empereur Napoléon, il connaît une carrière politique importante notamment sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Amoureux d’art comme de politique, sa collection de peintures espagnoles « est la seule, parmi les musées comme parmi les collections particulières qui renferme un pareil nombre d’œuvres des grands maitres de cette école »[1] : Murillo, Zurbaran, Ribera, Alonzo Cano, Herrera le vieux, Fernandez Navarette, Sanchez Coello, Llanos Valdès, Ribalta, Herrera le jeune, Juan de Roelas… C’est notamment au cours des guerres napoléoniennes dans la péninsule ibérique que le Maréchal Soult amasse de nombreux chefs d’œuvres. Dispersés lors de sa mort en 1852, « la plupart des chefs-d’œuvre de cette belle galerie sont probablement destinés à sortir de France (…) Nous espérons cependant que quelques uns des chefs-d’œuvre de la collection du Maréchal Soult resteront en France »[2] écrivaient les commissaires dans le catalogue de la vente Soult. Le sort de L’adoration des bergers satisfera ces derniers : elle fut donnée quelques années plus tard à l’église de Favières-en-Brie par Monsieur Moïana, propriétaire du domaine voisin d’Hermières. C’est d’ailleurs dans cette commune d’Ile-de-France qu’a fréquemment séjourné le célèbre peintre Jacques-Louis David. Aujourd’hui c’est dans son église possédant une dizaine de tableaux de grande qualité que l’adoration est placée à deux mètres du sol sur le mur collatéral droit de l’église, surplombant ainsi l’assemblée des fidèles.

 

L'Adoration des bergers - Favières-en-Brie

Anonyme (Juan de Roelas?), l’Adoration des bergers, XVIIe s., Favières-en-Brie, église Saint-Martin.

Un tableau d’une grande qualité à restaurer de toute urgence

 

C’est la venue des bergers auprès de l’enfant Jésus que Juan de Roelas a ici peint avec une extrême douceur et tendresse. Tous les regards sont posés sur le nouveau né, à l’exception du berger sur la gauche qui regarde le spectateur en souriant, le doigt pointé vers l’enfant comme pour lui indiquer sa présence. D’une grande qualité dans le style et la composition, nous avons été saisi par l’état particulièrement critique de L’adoration des bergers. Certainement dû à l’effet du temps, les couleurs sont devenues très ternes et une légère couche blanche recouvre l’ensemble de la peinture. Il est évident que le tableau doit retrouver son éclat d’antan, qui soulignera à nouveau toute la douceur de la scène. Aussi sur la partie gauche, la couche picturale s‘effrite créant des craquelures et des pertes de matière qu’il est urgent de combler. A plusieurs endroits des boursoufflures peuvent être observées sur la toile. A cela s’ajoute un détachement de la toile de son cadre, créant des plis qui pourraient lui être fatals. Il est temps pour ce magnifique tableau de retrouver tout l’éclat et la dignité qui sont les siennes, avant qu’il ne soit trop tard !

 

Bibliographie

 

Catalogue raisonné des tableaux de la galerie du feu M. Maréchal-Général Soult, duc de Dalmatie, 1852, conservé à l’Institut National d’Histoire de l’Art

Juan de Roelas (H. 1570-1625). Catologo de exposicion, 2008, Ed : Junta de Andalucia. Consej. Cultura, Séville

[1] Catalogue raisonné des tableaux de la galerie du feu M. Maréchal-Général Soult, duc de Dalmatie. A la mort du Maréchal Soult, l’ensemble de sa collection fut dispersée lors d’une vente à Paris les 19, 21 et 22 mai 1852.

[2] idem