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Le plus grand musée de france

Mise au tombeau - Le Plus grand musée de France

Mise au tombeau

 Giliane Berardini - Le Plus grand musée de FranceOeuvre en restauration 
 

L’enfeu de la chapelle sud de l’église Saint-Martin de Pont-à-Mousson abrite un groupe sculpté figurant la Mise au tombeau, composé de treize figures grandeur nature et de huit anges en voûte et datant du début du XVe siècle. La présence de sels rongeant la pierre rend l’état de conservation de cette œuvre inquiétant. 

 

Une œuvre pionnière dans la recherche de la sophistication. 
 

Avec ses vingt-et-une figures, l’œuvre représente une des mises en scènes les plus élaborées de la mise au tombeau du Christ. Les historiens mettent en avant deux influences stylistiques. D’une part, l’œuvre présente des innovations de la sculpture bourguignonne des années 1400. Certains personnages ont été rapprochés de l’art de Claus Slüter, alors au service des ducs de Bourgogne. D’autre part, la richesse des drapés rappelle la sculpture germanique du XVème siècle. Considéré comme l’une des plus anciennes représentations de ce type en Lorraine, le groupe de Pont-à-Mousson a certainement joué un rôle de modèle dans l’élaboration de cette typologie, notamment en Suisse. Le groupe influença notamment Ligier Richier, célèbre sculpteur lorrain. 
 

Mise au tombeau - Le Plus grand musée de France

Un commanditaire imprécis. 
 

Ce sépulcre aurait été réalisé sur l’ordre de Baldemar de Biebelnheim, commandeur de l’ordre de Antonistes. Une autre hypothèse en fait une œuvre érigée à la mémoire d’Edouard III de Bar, mort durant la bataille d’Azincourt en 1415. Cependant, de récentes recherches l’associent au mécénat de Robert Ier de Bar. L’œuvre, replacée dans le contexte des guerres saintes, serait alors une matérialisation de l’esprit des croisades, par la référence au Saint-Sépulcre de Jérusalem. 

 

Un état de dégradation avancé. 
 

L’état de dégradation de ce groupe sculpté a donné lieu en 2011 à une étude préalable de restauration. Le diagnostic met en évidence la présence de sels causant l’altération de la pierre. Cette contamination, favorisée par la situation géographique de Pont-à-Mousson, en bordure de la Moselle, entraîne non seulement la désagrégation du matériau, mais aussi des risques de chutes en raison de cassures. La restauration est donc sanitaire, mais elle concerne également la stabilité des sculptures, puisque celles-ci sont simplement posées à même le sol. 

 

Bibliographie 
 

Christoph Brachmann, « The crusade of Nicopolis, Burgundy, and the Entombment of Christ at Pont-à-Mousson », Journal of the Warburg and Courtauld Institute, n° 74, 2011, p. 155- 190 William Forsyth, The Entombment of Christ : French Sculptures of the Fifteenth and Sixteenth Centuries, Harvard University Press, Cambridge, 1970, p. 45 et s. Georges Fréchet, « La Mise au tombeau de l’église Saint-Martin de Pont-à-Mousson », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1991, p. 9-18. Helga D. Hofmann, « Das Heilige Grab, die Grablegung Christi, und Christus im Grabe. Drei plastische Motive der Passionszeit », Saarheimat, Heft 3, avril 1963, p. 97-105. Helga D. Hofmann, Die lothringische Skulptur der Spätgotik. Hauptströmungen und Werke (1390-1520), Saarbrücken, K. Funk, 1962, 571 p. Philippe Martin, La statuaire de la Mise au tombeau du Christ des XVe et XVIe siècles en Europe occidentale, Paris, Picard, 1998, 415 p.